La question pratique de La Tribune : En quoi l'investissement en non coté permet de favoriser l'innovation et l'emploi en France ?
Interview de Pierrick BAUCHET, Directeur Général Délégué
La prise de participation au capital d’une PME non cotée doit être suffisamment dimensionnée pour l’accompagner dans ses différentes étapes de développement. Elle apporte ainsi une visibilité financière sur une durée suffisamment longue (environ cinq ans) permettant de mettre en place des projets d’investissements ambitieux. Cet accompagnement est propice au financement de l’innovation de rupture. Celle qui nécessite plusieurs années de développements avant d’être reconnue par les leaders d’opinion puis adoptée à plus grande échelle. Cette innovation met du temps à s’imposer. Mais c’est elle qui casse les codes et déplace les parts de marché.
Son succès, liée à la rapidité et à la flexibilité de sa mise en œuvre, nécessite un outil de production à proximité de son centre de R&D. L’investissement dans l’outil industriel fait naître le progrès technique, accélérateur de compétitivité, moteur de la croissance. Le financement de l’innovation, à travers les FCPI, est ainsi l’un des principaux créateurs d’emploi en France.
Pour transformer une avance technologique en un succès industriel, les « jeunes pousses » très innovantes, que nous finançons, doivent développer des produits suffisamment différenciés à fort contenu technologique et simples d’utilisation. Elles ont en commun d’importants investissements en R&D permettant de créer rapidement une forte propriété intellectuelle. C’est la combinaison de ces critères qui permet la valorisation de l’innovation, à travers le déploiement d’un avantage concurrentiel, le gain de parts de marché en France comme à l’international et l’amélioration des marges. Ces PME très innovantes à caractère industriel, qui produisent en France et vendent à l’international, sont nos gazelles. Ce sont elles qui créent le plus d’emplois en France.